Ce soir, c'est le bazard. Mon gps a inventé un saut à 2300 m d'altitude pendant la descente, très loin géographiquement en plus. Du coup, toutes les données étaient fausses. J'ai mis un temps déraisonnable à trouver une solution. Les données fournies sont maintenant exactes. Garmin voudrait que je change pour une montre connectée qu'il ne s'y prendrait pas autrement...
Ce matin, petit déjeuner pantagruélique à 7h30 et donc départ 8 h, c'est à dire trop tard pour une étape de cette longueur.
Tout au long de la montée, beaucoup d'aninaux : des alpagas, des vaches, des moutons, des chèvres. Ici, on est en terre d'embouche. En chemin, je repère une mathissoire, c'est-à-dire une piscine naturelle à laquelle Mathis n'aurait pas résisté.
La fin de la montée est harassante, avec un escalier qui n'en finit plus. Mais quelle récompense ! En face de moi, l'Eiger dans toute sa splendeur, et d'autres monts qu'un couple me nomme mais que je ne connaissais pas : une splendeur. Je reste assis sur un banc un bon quart d'heure pour ne pas oublier.
La longue descente n'en finit plus, par palier d'altitude : quelques km à 2400, une descente raide, quelques km à 2000, une descente raide...
Je traverse la riante cité de Mürren, où j'entends beaucoup d'Américains, où je vois des gens monter dans un téléphérique avec des skis, où je croise une équipe de hockey, valises à roulettes et crosse à la main et où je photographie des gens qui photographient... le vide.
J'aurais pu prendre là le train à crémaillère, où les oeufs pour descendre à destination, mais j'ai préféré descendre à pieds, malgré la pluie qui ne fera que menacer. Je double une dizaine de randonneurs dont certains semblent très surpris de se faire rattraper par un vieux.
Arrivé à l'hôtel, le vieux prend une bonne douche et fait une grosse lessive...
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